
Tamar
Tamar
Programme brésilien de conservation des tortues marines fondé en 1977, le Projeto Tamar ouvre sept centres au public, de Praia do Forte à Fernando de Noronha.
Le Projeto Tamar est un programme brésilien de protection des tortues marines actif depuis la fin des années 1970. Il compte aujourd'hui 26 centres répartis sur le littoral, dont sept ouverts au public sous forme de musées, d'aquariums et d'espaces pédagogiques. De Praia do Forte (Bahia) à Fernando de Noronha en passant par Ubatuba, Aracaju, Vitória, Arembepe et Regência, ces sites permettent d'observer plusieurs espèces de tortues, de comprendre leur cycle de vie et de mesurer l'ampleur du travail de conservation mené sur les plages brésiliennes.
Pourquoi visiter un centre Tamar
Les centres Tamar combinent trois intérêts : scientifique, écologique et familial. Vous y observez de près des tortues olivâtres, imbriquées, caouannes, luths et vertes — les cinq espèces présentes au Brésil, toutes menacées. Les expositions retracent le cycle de ponte, les techniques de marquage et l'impact de la pêche accidentelle, tandis que les bassins extérieurs servent de soins aux individus blessés. En plus de quarante ans d'activité, le programme revendique plus de 40 millions de bébés tortues relâchés en mer, un résultat qui a fait de Tamar une référence en conservation marine.
Histoire du Projeto Tamar
L'aventure commence en 1977 sur l'atoll das Rocas, au large du nord-est brésilien. Guy Marcovaldi, alors étudiant en océanographie, et plusieurs de ses camarades découvrent un matin onze tortues marines massacrées et éviscérées par des pêcheurs sur la plage. Le choc déclenche une enquête. Avec son ami José Catuetê de Albuquerque, Marcovaldi rédige un rapport documentant la consommation et la chasse aux tortues, illustré de photographies. Le document est envoyé aux institutions environnementales et à l'Université Fédérale de Rio Grande, qui réagit en lançant les premiers cursus formant la génération fondatrice de l'écologie brésilienne.
Trois ans plus tard, José Catuetê est embauché à l'Institut Brésilien de Développement Forestier (IBDF) et fait remonter le rapport à la direction. En 1980, le gouvernement débloque les premières ressources. Avec un budget modeste et le single Bye Bye Brasil dans leur radiocassette, l'équipe parcourt le littoral pour recenser les plages de ponte et identifier les menaces. L'initiative est baptisée Projeto Tartarugas Marinhas, vite raccourci en Projeto Tamar.
Les sept centres ouverts à la visite
Praia do Forte (Bahia)
Siège historique du programme, ce centre ressemble à un parc aquatique pédagogique. Sentiers de sable, ponts en bois et grands bassins extérieurs permettent d'observer plusieurs espèces. On y trouve des aquariums, un couvoir où éclosent les œufs d'olivâtres, d'imbriquées et de caouannes, ainsi qu'une terrasse donnant sur la plage. Le samedi soir, l'espace culturel accueille des concerts de jazz, blues et reggae joués par des artistes locaux.
Aracaju (Sergipe)
L'Oceanário de Aracaju attire environ 160 000 visiteurs par an et présente près de 70 espèces issues du Sergipe. Sa pièce maîtresse est un aquarium en forme de tortue géante dans lequel évoluent raies, requins, murènes et poissons côtiers (caranhas, vermelhos, meros). Des bassins extérieurs accueillent tortues, petits requins et crustacés, certains accessibles au contact encadré.
Ubatuba (São Paulo)
Fondé en 1991, ce centre s'organise autour d'un jardin traversé de longs bassins. Il met l'accent sur l'éducation environnementale, avec un aquarium offrant une vue panoramique, un espace réplicas e silhuetas exposant des squelettes de reptiles marins, une aire de jeux et un petit auditorium pour conférences et concerts.
Fernando de Noronha (Pernambouc)
Sur l'archipel classé au patrimoine mondial, le centre Tamar est un musée largement en plein air, intégré à un jardin. Les expositions couvrent la biologie des tortues, leurs migrations et les pressions humaines qui les menacent. L'archipel étant un site majeur de ponte, c'est l'un des points d'observation les plus riches du réseau.
Vitória (Espírito Santo)
Inauguré en 2012, ce centre urbain propose un parcours d'expositions, des bassins d'observation et un auditorium pour conférences. Il s'adresse particulièrement aux familles et aux groupes scolaires.
Arembepe (Bahia)
L'une des premières bases historiques, créée dans les années 1990. Le site, en bord de plage, mêle végétation endémique et bassins de tortues. L'espace culturel détaille le travail de surveillance des nids et de réhabilitation des animaux blessés.
Regência (Espírito Santo)
Plus confidentielle, cette base présente les cinq espèces brésiliennes et donne accès à deux sentiers nature, Porto Histórico et Farol do Rio Doce. Vous pouvez y croiser des capybaras, des sapajous et des ouistitis de Geoffroy au pelage noir et blanc. Des ateliers créatifs sont proposés aux enfants.
Quand visiter
Les centres Tamar sont ouverts toute l'année, mais la saison de ponte et d'éclosion reste le moment le plus fort. Sur la côte du nord-est (Bahia, Sergipe, Pernambouc), la ponte s'étale globalement de septembre à mars, et les éclosions de novembre à mai. Sur la côte sud-est (São Paulo, Espírito Santo), le calendrier est légèrement décalé. Renseignez-vous auprès du centre pour assister à un lâcher de bébés tortues, organisé selon les éclosions et la météo.
Informations pratiques
- Horaires : la plupart des centres ouvrent en journée, six ou sept jours sur sept. Vérifiez les jours de fermeture avant de vous déplacer, ils varient selon les sites.
- Tarifs : entrée payante à tarif modéré dans la majorité des centres ; accès libre signalé à Fernando de Noronha, mais l'archipel impose une taxe environnementale et un droit d'accès au parc national à régler en amont.
- Durée de visite : comptez 1 h à 2 h pour un centre standard, davantage à Praia do Forte et Aracaju.
- Boutique : chaque centre dispose d'un magasin dont les ventes financent directement le programme de conservation.
Comment s'y rendre
- Praia do Forte : à environ 60 km au nord de Salvador de Bahia, accessible en bus régional puis taxi.
- Aracaju : centre situé en ville, accessible en taxi ou VTC depuis n'importe quel quartier.
- Ubatuba : 3 à 4 h de bus depuis São Paulo via la ligne Viação Litorânea, puis taxi.
- Fernando de Noronha : vol d'environ 1 h depuis Natal (ou Recife). L'accès à l'île nécessite réservation et taxes.
- Vitória : centre urbain, taxi ou bus jusqu'à la Praça do Papa, à quelques minutes à pied.
- Arembepe : à environ 40 km de Salvador, via Camaçari, puis route locale.
- Regência : accès plus complexe, recommandé dans le cadre d'une excursion organisée.
À voir dans les environs
Le réseau Tamar s'inscrit dans des régions riches en sites naturels et culturels. Si vous explorez la côte de Bahia ou poussez plus loin au Brésil, vous pouvez prolonger la visite par d'autres expériences nature : le Buraco das Araras et la rivière Sucuri dans le Mato Grosso do Sul, ou encore l'Estância Mimosa pour la randonnée en eaux claires. Côté grandes villes, le stade de Maracanã et le Sambadrome Marquês de Sapucaí complètent un itinéraire à Rio.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Prolonger l'expérience
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